Du Centre des Télécommunications Spatiales à la Cité des télécoms, Pleumeur-Boudou abrite un des lieux les plus emblématiques de l’histoire des télécommunications.

Le Centre des Télécommunications Spatiales

Des câbles au satellite

En 1956, le premier câble sous-marin téléphonique entre la France et les Etats-Unis n’offrait qu’une faible capacité de 36 voies. Pour transmettre la télévision au-delà des mers, il fallait enregistrer une bande magnétique et l’envoyer par avion. C’est en 1961, au moment de la guerre froide, que naît notre futur. 1957, les russes mettent en orbite le Spoutnik.

Le projet Telstar

1965, les américains lancent le premier satellite géostationnaire Intelsat 1. Leur projet Telstar 1 (téléphone des étoiles) prévoit d’envoyer des images et du son entre les pays via les satellites spatiaux. Il faut donc construire des stations de réception des deux côtés de l’atlantique.

La station de Pleumeur-Bobou

Le gouvernement français relève le défi et Pierre Marzin, alors directeur du CNET (Centre National d’Etudes des Télécommunications), réussit à convaincre l’administration des PTT d’installer la station à Pleumeur-Bodou. Il  pilote le projet avec la NASA et la station sera construite en seulement 9 mois. Une sphère en toile en dacron de 50 mètres de haut, gonflée par 100.000 m3 d’air, protège l’antenne des intempéries et forme cette enveloppe futuriste qui fascine et intrigue.

Le radôme

Pour rester gonflée et résister à la force du vent, la sphère (de 2 mm d’épaisseur seulement) est pressurisée en permanence. De nombreux Bretons font le déplacement pour la contempler. L’antenne de 340 tonnes est acheminée des Etats-Unis par la mer, assemblée sur un rail circulaire et posée sur une dalle de béton de 4000 m3. Un chantier colossal qui mobilise jusqu’à 1250 personnes travaillant jour et nuit pour respecter les délais. Le nouveau Centre de Télécommunications Spatiales de Pleumeur-Bodou (CTS) est né et inauguré par le Général de Gaulle le 19 octobre 1962.

Les premières retransmissions en direct

C’est le 11 juillet 1962 à 0h47, devant un parterre de 190 techniciens et 150 journalistes, qu’il capte les premières images télévisées des Etats-Unis via le satellite Telstar 1.

Les images télévisées en direct des premiers pas de l’homme sur la Lune, les voix off de Cap Canaveral ponctuées d’un bip sonore, l’immense émotion soulevée dans toute la France. On le doit au Radôme, installé à Pleumeur-Bodou depuis 1961.

Les images télévisées et les conversations téléphoniques du monde entier entrent en France par les portes de la Bretagne. Un exploit technique et humain qui propulse alors la France dans le palmarès des pays à la pointe de la technologie.

Les premières images de l’homme posant le pied sur la lune arrivent sur les écrans de télévision et les Français vivent en direct le rêve de Jules Verne. La station de Pleumeur-Bodou se développe rapidement et huit antennes supplémentaires seront construites entre 1969 et 1999.

Le musée puis la Cité des télécoms

Le Radôme cesse, lui, toute activité en 1985. Louis Mexandeau, alors ministre des PTT, décide de conserver le site et de lui adjoindre un musée, le Musée des Télécoms. Les Américains, eux, détruisent leur radôme. Depuis septembre 2000, le Radôme de Pleumeur-Bodou est classé monument historique et a reçu le label « patrimoine du XXème siècle »

Le Radôme, cette énorme sphère de 50 mètres de haut qui pourrait accueillir l’Arc de Triomphe, et un bâtiment de 3000 m² d’expositions constituent aujourd’hui un ensemble unique dédié à l’histoire et à l’avenir des télécommunications : la Cité des télécoms.