Les radiocommunications
de la T.S.F. aux faisceaux hertziens
Une invention internationale
En 1887, l’Allemand Heinrich Hertz démontre en produisant des étincelles électriques dans un éclateur, l’existence des ondes électromagnétiques émises par une décharge électrique qui avaient été prédites par l’Anglais James Clerck Maxwell.
En 1890
En 1890, ces ondes sont captées à distance par un récepteur équipé d’un cohéreur dû au Français Edouard Branly : un tube empli de limaille de fer devient conducteur lorsqu’il est traversé par de telles ondes.
L’Anglais Olivier Lodge a l’idée d’accorder la fréquence du récepteur avec celle de l’émetteur grâce à des circuits identiques (syntonie).
Le Croate Nicolas Tesla montre en 1893 que des courants à haute fréquence pourraient être utilisés pour établir des communications à distance.
A la même époque, le Russe Alexandre Popoff améliore la réception des ondes électriques en ayant l’idée de l’antenne.

Des marconigrammes...
Finalement en 1895, l’Italien Guglielmo Marconi fédère ces découvertes et réalise la première transmission par radio dans le jardin du château que sa famille possédait près de Bologne.
1897 : Marconi transmet un message radio en morse à un bateau en mer sur quelques kilomètres puis, en 1901, il émet jusqu’à Terre-Neuve depuis la Cornouaille britannique.
1903 : le général Ferrié contribue à sauver la Tour Eiffel d’une probable destruction en y faisant installer un émetteur radio.
1912 : le SOS du Titanic est capté par le navire Carpathia qui se détourne et sauve 800 personnes. Cet événement frappe le public et démontre la sécurité apportée par la radio en mer.
En 1920, on inaugure la première liaison radiotélégraphique France-Amérique ouverte au public grâce à la station Bordeaux-La Fayette équipée d’un émetteur à arc de 1000 kW fonctionnant avec une longueur d’onde de 23,5 km et dont l’antenne couvrait une superficie de 48 hectares !

...à la radiotéléphonie.
En 1906, l’Américain Lee de Forest invente la lampe électronique triode, qui permettra de remplacer arcs et alternateurs à haute fréquence dans les émetteurs. Elle facilite l’usage des ondes courtes et permet la modulation d’amplitude à l’origine de la radiotéléphonie.
Pour communiquer plus loin, on augmente d’abord la puissance d’émission des émetteurs à ondes longues. Mais ce sont des radioamateurs qui feront la première liaison phonique avec les Etats-Unis en ondes courtes avec une faible puissance.
1927 : premier circuit téléphonique par radio entre Londres et New-York.
En 1935, quatre liaisons téléphoniques intercontinentales seulement sont ouvertes au public à partir de Paris par l’intermédiaire d’émetteurs situés à Pontoise et de récepteurs situés à Noiseau. Pendant ce temps, vingt câbles télégraphiques transatlantiques sont encore en service.
En 1945, après la guerre, tout est à reconstruire et les radiocommunications sur ondes courtes connaissent alors une suprématie temporaire. Elles offrent en effet des capacités de transmission plus de 10 fois supérieures à celles des anciens câbles sous-marins télégraphiques, et permettent enfin de développer les autres services intercontinentaux : téléphone, télex, liaisons spécialisées.
Après la seconde guerre mondiale, on voit se développer en France un réseau de faisceaux hertziens. Des antennes paraboliques focalisent des ondes centimétriques dans d’étroits faisceaux, de tour en tour, en propagation directe. La première artère, Paris-Lille, est ouverte en 1953 : elle est utilisée pour la retransmission de la cérémonie du couronnement d’Elisabeth II d’Angleterre, d’une portée médiatique considérable. Première Eurovision rendue possible par l’utilisation de toutes les voies téléphoniques du faisceau !
Cependant, les radiocommunications directes à grande distance ne peuvent faire face à la concurrence des câbles sous-marins téléphoniques, des faisceaux hertziens, ou des satellites. Au début des années 1970, chaque pays est en mesure de s’équiper de stations terriennes de télécommunications par satellites et les radiocommunications sur ondes courtes cessent très vite d’être utilisées.
La mobilité
Les débuts...
C’est après 1955 que s’effectuèrent les premières liaisons radio en 160 MHz, à partir d’un point élevé de Paris, avant de s’étendre à toute la France. Parmi les premiers clients : les taxis et les voitures de médecins. Aujourd’hui, les radiomessageries se multiplient (Eurosignal, Tatoo, Tamtam, Kobby, Alphapage,...). Les réseaux de radiotéléphone sont numériques et communiquent avec l’Europe entière : GSM (900MHz) et DCS (1800MHz).
De nos jours...
Le XXème siècle s’achève par une véritable explosion des moyens de communication, du traitement de l’information et du débit (ADSL) ; convergence des technologies qui pose les premières pierres de l’infrastructure de notre époque.

La mobilité suite
La mobilité se renforce avec les réseaux UMTS (3G). Le « portable » devient un objet banal. Les ordinateurs deviennent nomades ... Le GPS et bientôt Galileo démocratisent la géolocalisation.
L’avènement du « sans fil » permet de relier par radio à haute vitesse (WIFI/WIMAX) des appareils isolés.
Les technologies s’intègrent : l’écrit, l’image fixe et animée, la communication interactive, la convergence entre ordinateurs et réseaux de télécommunications. Les outils à communiquer sont de plus en plus globaux et proposent des services d’une extrême variété. Appareil photo, vidéo sur portable etc ... Vers le terminal unique sorte de « communicateur personnel multimédia » qui « suit » l’utilisateur.