Les évolutions techniques aboutissent à l’accès aux informations et à l’échange sur des appareils mobiles bouleversant encore notre mode de vie.

Un réseau mobile

Les systèmes de télécommunications mobiles sont longtemps restés réservés aux usages professionnels ou militaires. Des systèmes de radiotéléphonie s’en inspirent précocement mais leur conception limite considérablement le nombre d’utilisateurs. Un service est ainsi proposé à quelques parisiens fortunés dès 1956. L’utilisateur doit passer par une opératrice pour obtenir sa communication. La même année, Ericsson ouvre en Suède le premier service de radiotéléphonie automatique ; l’appareil pesait 40 kg. Dans de nombreux pays, y compris en Russie et en Bulgarie, des systèmes sont utilisés de manière plus ou moins  satisfaisante.

Une cellule hexagonale

Pour ouvrir le réseau à un grand nombre d’utilisateurs de nouveaux concepts doivent être développés. L’idée d’un réseau mobile fondé sur des cellules hexagonales est ainsi formulée dans les laboratoires Bell dès décembre 1947 par Douglas Ring et Rae Young. Le concept nécessitant cependant des dispositifs électroniques dépassant les possibilités du moment, AT&T ne songea à concrétiser ce dispositif qu’en 1971.

Faute d’autorisation officielle, AT&T dut cependant retarder ses projets et ce fut donc plus tard, à Tokyo en 1979, que le premier réseau cellulaire fut activé. AT&T disposant enfin d’une autorisation lança son propre réseau aux États-Unis en 1982. Ces initiatives ouvraient une première période de développement, utilisant des appareils lourds et plutôt réservés aux véhicules, que l’on dénommera la 1G, pour « première génération ». Sous l’impulsion de Motorola, la réduction du poids des matériels permit de disposer d’appareils toujours encombrants mais dont l’utilisation n’était pas liée constamment à un véhicule.

En France, le réseau Radiocom 2000 mis en service en 1986 est le premier dispositif permettant de formuler une offre significative. Son téléphone de voiture, doté d’un terminal lourd mais amovible, séduit en quelques mois 10 000 abonnés. Des solutions complémentaires furent proposées sous forme de messages très simples comme Eurosignal ou Alphapage.

H3 : La norme GSM

Engagé au cours des années 1980 dans un important programme de recherche portant sur la téléphonie mobile, le CNET est nommé par la CEPT laboratoire d’essai en vue de définir une norme européenne. Ce travail sera la base de la norme GSM (Global System for Mobile communication) qui permet à l’Europe de donner un cadre clair favorisant le développement des mobiles numériques.

Ces nouveaux appareils permettent de converser mais également de transmettre des SMS (Short Message Service). Cette fonction, très secondaire dans l’esprit des créateurs du GSM, deviendra l’une des plus importantes aux yeux des utilisateurs.

De la carte SIM au WAP

Chaque terminal mobile est équipé d’une carte SIM (Subscriber Identity Module) qui permet d’identifier l’usager auprès de son opérateur. Il s’avère rapidement que l’appétit des clients de réseaux mobiles dépasse les premières fonctions mises à leur disposition. C’est ainsi que pour la transmission de données par téléphonie mobile, un protocole est standardisé en 1997 : le WAP (Wireless Application Protocol). Il amorce la convergence entre les mobiles et Internet. Pour que celle-ci se concrétise, une montée en performance s’avère néanmoins indispensable. En 2001, le standard GPRS (Général Packet Radio Service, 2G) offre un débit jusqu’à 170 kbit/s.

En 2004, le EDGE (2G ½) double ce chiffre. C’est néanmoins la norme UMTS (Universal Mobile Telecommunications System) dite de troisième génération (3G) qui à partir de 2005 transforme le terminal en serveur web, fournissant des services multimédias (télévision ou visioconférence).

Tout en fonctionnant sur un réseau de type cellulaire 3G, utilise de nouvelles infrastructures. Mise en service récemment, la 3G+ propose des débits 3 à 5 fois supérieurs à l’UMTS. À l’horizon 2012, la téléphonie mobile 4G se profile. Des tests sont conduits sur une technologie appelée OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) qui permettra d’atteindre des débits de 300 Mbit/s.

À la fin de 2008, la France comptait environ 57 millions de téléphones actifs. Pour éviter la saturation du 06, le préfixe 07 est affecté aux téléphones mobiles depuis 2010.