Les télécommunications, et dans une large mesure les mass media, se sont développés en Europe sur la base du monopole de l’État. La fin des monopoles va amener de nouvelles dynamiques basées sur la concurrence.

La déréglementation des télécommunications

Aux États-Unis la concurrence a toujours été la base de fonctionnement du marché. Néanmoins, AT&T imposa un monopole privé sur le téléphone pendant la majeure partie de son histoire. Aussi, des années 1870 aux années 1970, le monopole ou l’oligopole dominent l’ensemble des marchés de télécommunications dans le monde.

Cette situation change radicalement avec la mise en œuvre, d’abord aux États-Unis puis progressivement dans le monde entier, de la « déréglementation ». Le 1er janvier 1984, le Bell System est divisé en sept Regional Holding Companies. Le séisme est américain, mais très vite l’onde de choc touchera l’ensemble des pays industrialisés…

La privatisation des monopoles d’États en Europe

En Grande-Bretagne, la fin du monopole du Post Office aboutit à la création de British Telecom, privatisée en 1984. Peu de temps après, le Japon suit la même voie. Un cadre d’évolution progressif est alors décidé à Bruxelles. En 1993, le conseil des ministres de la CEE programme l’ouverture à la concurrence pour le 1er janvier 1998. Le processus sera mené graduellement en Allemagne et en France.

France Télécom, créé en 1988 à partir de la Direction Générale des Télécommunications qui dépendait de l’administration des PTT, devient un établissement public à gestion autonome en 1991, puis une société anonyme en 1996. La même année, Deutsche Telekom, issue des PTT allemands, est privatisée. Dans les pays concernés par ces évolutions des agences de régulation sont créées pour permettre à de nouvelles entreprises d’apparaître et d’introduire une véritable concurrence sur les nouveaux marchés comme le mobile ou encore Internet.

La concurrence et les innovations

Les usagers étaient dépendants d’un monopole d’État ; depuis les années 2000, ils sont devenus des clients qui peuvent choisir leur opérateur en fonction des services proposés et des tarifs consentis. Ce nouveau cadre, lié étroitement à la dynamique d’innovation qui a caractérisé les télécommunications, a entraîné une baisse considérable des prix. Il a aussi incité les différents opérateurs à imaginer de nouveaux services, des fonctionnalités qui rendent la vie plus facile ou l’entreprise plus performante. Dans ce nouveau contexte, l’accès de tous aux nouveaux réseaux est devenu un enjeu social et territorial.