La multiplication des types d’informations transmis, l’accroissement des trafics et une demande de plus en plus diversifiée de la part des usagers font peser sur les réseaux de télécommunications une pression constante.

Les réseaux se densifient

Grâce à l’apport des tubes à vide (lien vers la page interne), les réseaux nationaux ou continentaux de téléphonie se densifient rapidement. L’introduction de l’amplification électronique permet en effet d’établir des conversations téléphoniques sans limite de distance sur les lignes terrestres. Il est ainsi possible de téléphoner de New York à San Francisco dès 1915.

Les investissements importants comme frein à l’amélioration

Émetteur de Sainte-AssiseL’amélioration de la commutation automatique est progressive au cours de la première moitié du XXe siècle. Le Strowger n’est remplacé que de manière très lente par une nouvelle génération de centraux adoptant les principes mis au point par les frères Lorimer. Leur entreprise, The American Machine Telephone Company, malgré quelques réussites, fait faillite, et c’est la Western Electric qui, en rachetant leurs brevets, développera cette deuxième génération d’équipements fondée sur le principe des éléments maintenus en rotation permanente dirigés par des électroaimants. Elle équipera le réseau AT&T sous le nom de Panel et de nombreux réseaux hors des États-Unis sous le nom de Rotary. Sept millions d’Américains étaient raccordés à un central Panel en 1955.

Le faible rythme du renouvellement des technologies de commutation s’explique par les coûts énormes de développement de ces matériels et par les contraintes liées à la gestion d’un réseau. Le dernier « Strowger » français installé à Bordeaux en 1928 sera exploité pendant plus de cinquante ans…

La concurrence des ondes courtes

La téléphonie intercontinentale se développe sur des bases plus spécifiques avec l’utilisation à partir de la seconde moitié des années 1920 des ondes courtes. Moins coûteux et moins voraces en énergie que les émetteurs à ondes longues privilégiés jusqu’alors pour les liaisons radiotélégraphiques à longues distances, les émetteurs sur ondes décamétriques changent radicalement la donne. Ils permettent à la radiotélégraphie de concurrencer les câbles sous-marins en proposant des services mieux adaptés aux différents territoires et généralement moins onéreux.

La concurrence est si forte que les puissantes compagnies câblières doivent fusionner avec les jeunes entreprises de radiotélégraphie à la fin des années 1920. Les télégrammes deviennent moins coûteux et il est désormais possible, pour les usagers les plus fortunés, de téléphoner entre Paris et New York. La Crise de 1929 brise cet élan tandis que la Seconde Guerre mondiale définit de nouvelles priorités peu favorables au développement des réseaux.

Innovations et investissements après 1945

Dès 1945, cependant la croissance reprend à un rythme plus élevé encore. La très forte croissance des volumes d’informations de nature diplomatique, commerciale ou bien encore les dépêches de presse imposent des investissements de plus en plus importants pour adapter la capacité des réseaux.

Ceux-ci évoluent tout d’abord plus quantitativement que qualitativement. Progressivement, l’innovation est cependant mise à contribution pour trouver des solutions mieux adaptées. Une nouvelle génération de commutateurs électro-mécaniques est ainsi développée après la Seconde Guerre mondiale. Le principe des éléments en rotation est abandonné. Dans ces centraux dits « Crossbar », la sélection est réalisée par des barres se croisant, avec un faible déplacement permettant des mises en contact plus rapides.

Pour les transmissions, les câbles coaxiaux permettent d’accroître très sensiblement les capacités. Ils sont tout d’abord utilisés pour les grandes artères nationales ou continentales puis adaptées aux liaisons sous-marines avec notamment la réalisation du premier câble téléphonique transatlantique, le TAT 1 en 1956.

Les faisceaux hertziens

Les systèmes sans fil connaissent aussi des évolutions sensibles, la plus significative étant l’introduction des faisceaux hertziens. Ces artères permettent notamment d’acheminer les émissions de télévision vers les émetteurs régionaux qui les diffusent ensuite vers les postes récepteurs.

Au cours des années 1950, les réseaux s’adaptent donc mais sans être réellement en mesure de répondre à la très forte demande par des innovations susceptibles de répondre aux besoins tout en rendant les télécommunications accessibles à tous. Pour cela, des innovations radicales, reposant sur des concepts nouveaux, devaient être mises en œuvre…

 

 

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