De 1876, avec son invention par Bell, à 1892, avec la commutation automatique par Strowger, le téléphone révolutionne la manière de communiquer en ne transmettant plus des signaux ou des codes mais les voix.

Transmettre la voix

Dans un article de L’Illustration resté célèbre, C. Bourseul propose dès 1854 un mécanisme capable de transmettre la voix à distance par l’intermédiaire d’un fil électrique.

 L’invention du téléphone

La proposition de C. Bourseul passe inaperçu et il faudra attendre 1876 pour que Graham Bell invente le « téléphone ». L’idée est dans l’air puisque Elisha Gray dépose le même jour un autre brevet de système téléphonique. L’antériorité sera reconnue à G. Bell. Il crée la Bell Telephone Company qui deviendra plus tard le puissant groupe American Telephone and Telegraph (AT&T). Le téléphone ne concerne tout d’abord que les liaisons à courte distance. Grâce à Pupin, professeur de physique mathématique à l’université de Columbia, l’affaiblissement du signal est réduit par l’utilisation de bobines dont le brevet est acheté 1 million de dollars par AT&T. Le procédé est généralisé à partir de 1910 pour les lignes souterraines, permettant des liaisons à plus longue distance.

La commutation automatique

La commutation connaît à cette époque des évolutions encore plus marquées. Jusqu’au début des années 1890, la mise en contact de deux abonnés est réalisée par une opératrice. C’est la « commutation manuelle », où la « demoiselle du téléphone » assure la connexion demandée par l’intermédiaire d’un cordon doté à chaque extrémité d’une prise assurant le contact (« fiches Jack »). Le premier matériel de commutation automatique est breveté en 1879 et présenté à l’Exposition Internationale d’Électricité de Paris en 1881 par les frères Conolly. Le premier dispositif ayant connu un développement significatif fut celui élaboré par l’américain A. Strowger en 1889. Le premier « central » est installé en 1892 à La Porte, près de Chicago, par l’entreprise créée par Strowger.

Cette mutation changea radicalement les habitudes de l’usager. Chaque poste raccordé au réseau automatique fut doté d’un numéro alors qu’auparavant l’abonné donnait son nom et le nom de la personne qu’il désirait joindre. Les appareils furent équipés d’un cadran pour composer ces numéros.

Les administrations britannique (Epson 1912) et française (Nice 1913) commencèrent à s’équiper peu de temps avant la Première Guerre mondiale.